Commençé à la rue Blondeau, Rose-Hill, le Musée s'épanouira dans un appartement à Quatre-Bornes et c'est au Lord-Maire, Jérôme Boulle, que revient l'initiative d'accorder une meilleure place à cet ensemble muséal. Le conseil municipal accepta de nous céder une vieille batisse située à la rue du Vieux Conseil.
La rue du vieux conseil avant l'arrivée du Musée 1990
L'immeuble, abandonné depuis des années, demandait, certes, une restauration. C'est l'A.I.M.F., sous la houlette de Jacques Chirac, qui vota le financement requis.
C'est ainsi que le 1er juillet 1993 le Musée, dérogeant à son principe de discrétion, fut inauguré à la rue du Vieux Conseil à Port-Louis en présence de 64 Maires venus assister à la 5ème conférence de l'A.I.M.F. (Association Internationale des Maires Francophones.), du Ministre français de la culture Jacques Toubon, du secrétaire générale de l'A.I.M.F.,Pierre Fijeac et de Jean-Luc Monterrosso, directeur de la Maison Européenne de la Photographie et créateur du Mois de la Photo.
Le bâtiment, d'une superficie de 172 mètres carrés, construit en pierres de taille et se situant sur ce qu'on appelle la ' Butte à Tonnier' à la rue du Vieux Conseil n'était en fait qu'un ruisselet terminant ses méandres dans le Ruisseau Tonnier longeant la rue de La Poudrière. Il faut savoir qu'en 1767 l'intendant Pierre Poivre fit part au Gouverneur français Daniel Dumas de la façon dont il était traité, car, se plaignait-il, son bureau à l'Hôtel du Gouvernement était constamment envahi par les fonctionnaires prenant leur repas là où ,lui, Intendant du Roi, donc, président du conseil du Roi, devrait normalement travailler en toute quiétude.
C'est à Madame Marcelle Lagesse que nous devons ce qui suit : "Le 30 novembre 1767,quatre mois après leur arrivée dans l'île, Poivre écrivait au ministre de la Marine et des Colonies "qu'il n'avait qu'un petit cabinet au Gouvernement pour réunir ce Conseil."Il précisait que ce lieu servait de buffet quand le gouverneur recevait et "dans les autres temps, de cabinet de toilette pour les domestiques et les esclaves du Commandant, de sorte que chaque fois que le conaeil s'assemble on ne trouve dans ce lieu que de la poudre, des odeurs et point de chaises"
Le gouverneur refusait d'accéder à la demande de Pierre Poivre qui réclamait une aile de l'étage pour ses réunions. Mais il est utile de rappeler que les appartements se trouvaient dans les deux ailes de l'étage, celui du gouverneur et l'autre, réservé aux hôtes de passage. "ma représentation ayant été inutile, écrivit Pierre Poivre au ministre, je me suis déterminé à demander aux préposés de la Compagnie leur bureau des livres qui est le seul bâtiment en pierre qui leur avait été laissé tant pour la sûreté de leur caisse que pour leurs papiers. Je ferai de ce bâtiment un palais pour la Justice et le Conseil. Il sera beaucoup plus décent qu'il n'eût jamais pu l'être dans le Gouvernement."
C'est dans l'immeuble de la rue du Vieux Conseil qu'éclata publiquement la mésentente qui séparait depuis leur arrivée le gouverneur et l'intendant, tous deux se disputant le pouvoir, le gouverneur parce qu'il était le commandant en chef et Poivre parce qu'il présidait le Conseil Supérieur, la Cour Suprême de l'époque. Le 23 février 1768,Dumas voulut faire enregistrer une ordonnance dont l'article 5 donnait plus de pouvoir au gouverneur et lui permettait de garder en prison, jusqu'à la décision finale du roi, quiconque serait accusé d'un délit "intéressant la sûreté de la place, l'autorité du Commandant ou le service du Roi".Poivre s'y refusa et leva la séance en déclarant que le Conseil ne pouvait recevoir que des ordres écrits du roi. La plupart des historiens ont donné raison à Poivre bien que la conduite de ce dernier soit équivoque.
Quelques noms et chiffres.
Le 31 décembre 1947 le bâtiment fut acquis par le conseil municipal de Port-Louis (t.v 516/90.)
Le 14 avril 1927 M.Hossenbhai Jeewanjee l'achète de M.Carrimjee Jeewanjee pour 4,000 roupies.(R.T.No.384/249.)
Le 19 janvier 1906 M. Carrimjee Jeewanjee l'achète de M. Policlet Keisler. (T.V.263/159.) (Rep.273/780.)(364/185.)(T.J.35No.4.
Le 3 déc.1875 M.Keisler l'achète de M. Arthur Poirier pour 700 piastres.(Reg.C115No.17.T.V.119No.71.
 

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